[Chronique] L’étrange et fascinante pension de Sophie Bailly

Préparez votre automne à l’avance : en plus des pumpkin spice lattes et d’Halloween, Rose P. Katell (déjà chroniquée pour « Au temps où les fées dansaient ») vous propose une nouvelle cosy fantasy !

Avant-propos

Pour réaliser mes chroniques, je mets un point d’honneur à faire preuve de la plus grande objectivité possible, plutôt qu’à vous livrer seulement mon avis subjectif de lecteurice.
Pour cette raison, mes chroniques se décomposent ainsi :

  • La présentation officielle
  • Ma réaction à la présentation
  • Qu’en penser après la lecture ?
    • sur la forme
    • sur le fond
  • J’aime… un peu, beaucoup, passionnément, à tout prix, pas du tout ?
  • Remerciements et autres infos utiles.

Maintenant que vous savez à quoi vous en tenir, entrons dans le vif du sujet !

L’étrange et fascinante pension de Sophie Bailly : la présentation officielle.

Après la perte de son emploi, Samuel n’a plus le choix : il doit déménager dans un logement moins coûteux que son appartement actuel. Son choix se porte sur une pension à l’abri de l’agitation des villes, où il espère repartir à zéro. Mais si le lieu se révèle plus qu’agréable et s’il ne tarde pas à être lui-même sous le charme de sa propriétaire, une question le turlupine… Pourquoi ne croise-t-il jamais les autres locataires, dont il a pourtant été informé de la présence ?

Ma réaction à la présentation.

Je suis très emballée.

D’abord parce que je trouve chouette d’avoir un personnage principal qui a perdu son emploi, ça ouvre la porte à une identification simple et à une micro bataille contre les préjugés associés à la situation.

Ensuite, la nouvelle est catégorisée cosy fantasy, on parle déjà du charme de la propriétaire de la pension, donc ça présage plein de douceur !

L’étrange et fascinante pension de Sophie Bailly : qu’en penser après la lecture ?

Version courte : une histoire qui respecte son genre annoncé pour les personnes amoureuses de lecture.

Version longue : comme tout le monde ne connaît pas la cosy fantasy, avant de vous parler de la forme et du fond, on va faire un point sur ce genre.

Quelques mots sur la cosy fantasy

En règle général, tout le monde ou presque sait ce qu’est la fantasy. Mais quid de ce sous-genre spécifique qu’est la cosy fantasy ? Je vous propose de faire un point sur ce que l’on attend en la matière !

  1. Un cadre intimiste
    • On entend généralement par là une vie en petite communauté, des lieux chaleureux et des éléments extraordinaires intégrés naturellement (magie, créatures diverses, etc) et qui font partie du quotidien
  2. Une tension dramatique minimaliste
    • On n’est pas dans une grande quête épique
    • Les enjeux sont surtout personnels (émotions, relations, etc)
    • Le suspens fait place à un attachement aux personnages (surmonter un burnout, trouver son équilibre…)
  3. Des personnages tout en nuances
    • Peu voire pas d’antagonistes / de « méchants » vu qu’on n’est pas dans une quête / un univers de guerre
    • Les sources de conflits sont plus souvent des incompréhensions ou des besoins/désirs incompatibles mais légitimes que des batailles avides et égoïstes
    • Les personnages sont souvent en recherche de quiétude
  4. L’accent est souvent mis sur le fond
    • La cosy fantasy est aussi un sous-genre du contemplatif, donc proche parente de la philosophie, on y trouve souvent des marques d’introspection des personnages avec une volonté de trouver sa place, créer du lien, retrouver un sens à l’existence
  5. Le rythme est lent
    • On n’a pas ou peu d’empressement des personnages, on voit des scènes du quotidien telles qu’on pourrait les vivre, sans survol, sans avance rapide
    • Les conflits sont résolus par la parole, l’écoute, la compréhension plutôt que par une confrontation physique
  6. Le sensoriel est à l’honneur
    • On sait les bruits, les odeurs, les textures, on vit chaque scène par nos sens
  7. Un ton léger
    • Même si le fond peut être lourd de sens, le ton est généralement léger, avec un peu d’humour, mais surtout sans cynisme et sans méchanceté gratuite
    • On est dans la découverte (de soi, des autres) avec émerveillement ou gentillesse, sans préjugé, également sans naïveté

Donc en gros, c’est une fantasy où la quête du personnage principal consiste à (re)trouver sa place dans son monde avec beaucoup de réflexions personnelles, d’échanges constructifs, d’appréciation de l’instant présent.

Maintenant que vous situez ce genre, passons à ce que Rose en a fait !

Une forme toujours sélective, adaptée au public ciblé.

Les sous-genres mixtes de la fantasy et du contemplatif, on le sait, c’est toujours très délicat au moment de rencontrer son public (on se souvient encore de l’accueil mitigé réservé à Evana suite à une méconnaissance du contemplatif) et pourtant Rose P. Katell relève aisément ce défi.

De sa plume toujours aussi affutée, elle adopte le juste niveau de vocabulaire pour cibler son lectorat avec une nouvelle qui pourra convaincre des jeunes adultes qui ont déjà une bonne habitude de la lecture et ont pu consommer une première œuvre contemplative par le passé (intuitivement, je dirais du niveau de Huis Clos de Sartre).

Il ne m’est pas apparu de difficultés particulières dans la forme, c’est synthétique comme le requiert une nouvelle, sans être trop restrictif et sans rien sacrifié au fond.

Un fond extrêmement bien mené, cohérent avec le genre !

Toute la difficulté du contemplatif, c’est d’arriver à nous faire embrasser le ressenti des personnages.

Malgré un format court, Rose P. Katell se plie très bien à l’exercice : on sait dès les premières lignes ce que pense, espère, craint Samuel.

Le besoin de la cosy fantasy de se retrouver avec de la communication autour de questionnements divers est embrassé avec une précision chirurgicale, l’évolution de la pensée du personnage, sa construction personnelle, sa progression dans sa propre histoire sont parfaitement naturelles, ni lourdeur, ni maladresse.

Le tout sans verser dans quoi que ce soit de trop superficiel ni problématique.

J’aime… un peu, beaucoup, passionnément, à tout prix, pas du tout ?

Je pense que cette nouvelle s’inscrit dans ce que l’on devrait découvrir à tout prix.

Le genre de niche dans lequel elle s’inscrit est parfaitement respecté, la lecture est fluide, on a tous les ingrédients pour passer un bon moment en compagnie de Samuel et sa quête de quiétude pour repartir de zéro.

On partage aisément les points de vue des personnages, chaque instant est pleinement savouré et tout ce qu’on peut reprocher à l’histoire c’est que ce soit une nouvelle et pas un roman qu’on relirait chaque année au coin du feu, sous la douceur d’un plaid moelleux, en buvant un bon thé et en croquant quelques biscuits fraîchement préparés.

M’est donc d’avis que vous devriez sauter sur la possibilité de précommander ! 

Remerciements et autres infos utiles.

Je remercie bien évidemment l’autrice, Rose P. Katell, de sa confiance, en me laissant lire et chroniquer cette fabuleuse nouvelle de « l’étrange et fascinante pension de Sophie Bailly ».

Je vous invite vivement à découvrir son site internet, https://rosepkatell.com/, et ses autres livres car sa plume pourra vous ravir d’une multitude de façons 

Sortie de la nouvelle: le 15 septembre, restez à l’affût des nouvelles (et demandez à recevoir sa newsletter, c’est gratuit !).

Et moi je vous dis à bientôt pour une nouvelle chronique… et mes propres sorties littéraires !

🤞 Ne manquez pas mes bafouilles créatives !

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