Mais qui est-donc « Julie -Animithra- Ferrier » ?

Cette question vous aura peut-être traversé l’esprit en lisant un de mes articles, en écoutant un podcast, en vous égarant sur un de mes streams ou plus simplement en lisant une des histoires écrites pour ma clientèle (vous compris, si c’est une de mes nouvelles ou un de mes romans).

Derrière ce pseudonyme se cache une enfance délicate, des faux pas mais surtout beaucoup de résilience, de patience, de persévérance et de… vous…

Histoire d'un parcours singulier et statistiquement improbable

Née dans la Drôme en 1887 d’après la sécurité sociale et plus vraisemblablement en 1987 dans la vraie vie, je suis l’étrange mélange entre une famille espagnole et une famille algérienne, ce qui m’a valu toute mon enfance des surnoms très bien trouvés, comme « pruneau » ou « noiraude ».

La méchanceté des enfants ?
Non, la bêtise des adultes.

Outre les problèmes que ma grand-mère maternelle éprouvait à voir sa fille chérie oser s’afficher avec des français, la fille chérie en question avait ses propres problèmes ou plutôt ses propres troubles.

Sauf que voilà, maternité et neuro-atypique ne font pas bon ménage en France, surtout si vous êtes une personne racisée, donc ni une ni deux, l’Etat a gentiment décidé d’un placement puisque ma mère avait quitté mon père et s’était enfuie avec moi et que… visiblement respecter la loi et faire une enquête pour éventuellement décider de me confier à mon père ou à mes sœurs n’était pas envisageable.

J’ai donc grandi en famille d’accueil et comme, initialement, j’étais placée pour quelques mois seulement, l’entourage proche de mon assistante maternelle ne voyait pas réellement de motifs pour s’attacher à moi, je n’étais que l’enfant placée d’une famille d’étrangers qui retournerait un jour à sa misère, ça valait donc bien le droit de me coller les surnoms les plus discriminants possibles.

Puis, finalement mon placement est devenu permanent et l’attitude s’est estompée, pas au point qu’on me présente des excuses, à l’exception de la seule personne que je considérerai toujours de ma famille, une tante qui m’était chère et qui a eu la sincérité d’en discuter un jour avec moi, mais je digresse.

Après avoir enduré des années de psychophobie (ah, les gens qui vous crient littéralement dessus et enchainent les sources de traumas parce que non, vous ne pouvez pas être autiste, ça serait chiant à gérer pour eux lol) et de violences psychologiques à l’école (une pensée émue pour Emmanuelle Ducros qui explique que les gens qui demandent à ce qu’on mette « responsable légal » plutôt que « père ou mère » sur les papiers « sont de gros fragiles », parce que finalement, pourquoi on se priverait de discriminer, menacer et parfois pousser au suicide des enfants qui n’ont rien demandé et ne sont pas responsables de la connerie des adultes) j’ai enfin pu partir en région parisienne poursuivre des études d’informatique.

Mais pourquoi diable ce domaine ?
Parce que, comme beaucoup de personnes neuro-atypiques à ce qu’il paraît, j’ai toujours eu un intérêt spécifique pour la technologie.

Alors que j’entrais au collège, j’avais déjà pu passer des heures sur des ordinateurs grâce à un collègue de travail et ami de mon père d’accueil et finalement on avait enfin investi pour en avoir un à la maison, principalement pour que je puisse faire des recherches et travailler à des exposés plus aisément.

Pendant 1 an, j’ai englouti tout le savoir que je pouvais par ce biais.
Des logiciels comme Bworks (si mon souvenir du nom est correct) m’ont permis de « voir » le corps humain dans ses moindres détails, de me documenter sur les addictions, les différentes pathologies physiques ou mentales dont on pouvait souffrir, puis Croco Clip m’a permis de penser des circuits électroniques toujours plus poussés, un véritable bonheur vu que mon père d’accueil bossait chez ce qui est devenu Thalès, en labo, sur des éléments des fusées Ariane, et me rapportait régulièrement de petits circuits et des composants qui auraient été jetés autrement, ainsi que des interrupteurs et des moteurs.

Et puis j’ai commencé à découvrir les encyclopédies en ligne, qui naissaient à l’époque (on était dans les premières heures d’internet, avec ce modem qui grésillait et une connexion facturée à la minute) et soudainement une question essentielle m’a traversé l’esprit : comment internet fonctionnait ?

Je voulais savoir, plus qu’une simple envie c’était une sorte de besoin irrépressible, il fallait absolument que le concept de site internet soit clair dans mon esprit.

Et puis en fouillant dans les dossiers de données d’un logiciel, j’ai aperçu un fichier qui pouvait s’ouvrir dans mon navigateur si j’en croyais l’icône qui s’affichait.

J’étais dans l’année de mes 12 ans, c’était le printemps, et d’un clic droit, je demandais au bloc note, dont j’avais compris qu’il pouvait m’afficher à peu près n’importe quoi du contenu d’un fichier, de me parler un peu.

Et il m’a parlé, en anglais, avec des termes que je comprenais parfaitement.
Alors j’ai traqué tous les fichiers qui affichaient la même icone de feu Internet Explorer et je les ai tous méticuleusement ouverts et lus, l’un après l’autre.

Et tous, absolument tous, avaient la même structure débutant par « html » coincé entre des chevrons.

Après avoir imprimé quelques pages de sites divers documentant ce que j’avais trouvé au sujet de ce langage, j’avais mis ce nouveau savoir en application et je fêtais mes 12 ans avec la publication de mon tout premier site internet codé entièrement à la main et plus complet que la plupart des sites d’entreprises de l’époque.

A la réaction des gens, en ligne, sur les premiers forums, très techniques puisque je ne parlais quasiment qu’avec des informaticiens, je comprenais que mon cas était particulier.
Avec beaucoup de bienveillance ils ont guidé mes apprentissages; alors que le CSS était encore un gros mot pour la plupart des gens, on m’initiait à php et aux langages serveurs.

L’année suivante, je publiais ma première solution e-commerce.

La scolarité était un fardeau mais l’apprentissage que je faisais à la maison, par goût pour cette technologie me permettait d’avoir des connaissances en sciences et en langue qui dépassaient les requis.

D’ailleurs cela m’a permis d’apprécier le paradoxe d’avoir un niveau universitaire à 15 ans et mais des notes dégueulasses dans mes études : l’inadaptation de l’école me tuait à petit feu.

Au point que lorsque je ne travaillais pas sur l’ordinateur, je me plongeais dans des livres pour oublier; l’avantage d’avoir su lire dès l’entrée en maternelle, c’est que je pouvais lire de tout à tout âge et je dois dire que ça m’a sans doute sauvée compte tenu de mon goût pour le théâtre classique et le masking que j’ai déployé des années durant pour ne pas me foutre en l’air, coincée entre la psychophobie du monde et la violence de l’ASE.

Et à 18 ans j’ai pu expérimenter cette violence une dernière fois, merci la méritocratie, en devenant la figure d’exception, la statistique improbable.

Nous sommes en 2005 et l’ASE se félicite que j’ai décroché mon bac; je suis la seule de l’unité, les autres ont majoritairement décroché mais j’ai du mérite alors eux aussi.

La méritocratie, ce fabuleux système qui permet aux gens de dire : « ouah, tu fais figure d’exception » et au lieu d’enchaîner sur une étude des problèmes qui font que nous ne sommes que 17% à réussir à décrocher le Graal de papier qui nous ouvre les portes de l’université, on se félicite et on s’envoie des fleurs parce que, quand même, nous sommes déjà 17% !

Nous, les moins que rien, les oubliés, qui n’existons que pour nourrir la pitié ou les clichés tantôt racistes, tantôt psychophobes (l’ASE puise allègrement dans les deux, ne l’oublions pas, on place les enfants de fol.le.s pour pas avoir à mieux traiter les troubles psys et comme ils sont souvent génétiques, sans surprise, les placés sont aussi très souvent des parents à qui on retire la garde) et pour accroître les chiffres des sans A, nous devrions nous réjouir d’être déjà 17% à pouvoir transcender notre absence de classe sociale.

Vous trouvez cela profondément affreux ?
Moi j’ai voulu le comprendre, même si d’après un compatriote dont je me passerais bien, comprendre serait déjà excuser…

L'humanité et son fonctionnement, les mystères qui guident mes pas...

Comprendre l’être humain, c’est sans doute un objectif très déraisonnable.

Mais le goût pour la question m’a permis de me nourrir de documents divers, parce que je voulais comprendre comment les autres voyaient le monde.

C’était d’autant plus important pour moi qu’avec mon profil neuro-atypique les codes sociaux m’échappaient (et m’échappent encore régulièrement) et que me documenter sur les codes des classes sociales, les différentes croyances des gens, c’était une porte ouverte sur le monde et une bonne façon d’enrichir mon masking pour éviter la psychophobie (même si, dans le même temps, ça m’a mise en danger sur un plan de santé psy).

Et puis c’est un formidable outil pour se faire des amis.
Si vous avez déjà lu Dale Carnergie (« comment se faire des amis ») vous savez sans doute que plus on écoute les gens et on les laisse s’exprimer sur ce qui les intéresse, plus facilement on s’en fait des amis.
La magie de se documenter beaucoup c’est qu’en prime, je pouvais briser la glace et réagir en employant leur champ lexical et leur prouver que mon intérêt était réel.

Cela m’a notamment permis de toujours bien m’entendre avec mes enseignants les plus cultivés (et moins enclins à sombrer dans des clichés facile), ce qui m’a conduite à découvrir toujours plus de choses.

Jusqu’au jour où j’ai découvert les bases de la sociologie, puis des travaux en psychologie qui ont signé les prémices du marketing et enfin que j’ai lu David Logan.

J’ai alors commencé à m’intéresser de plus à plus à la « tribalité » et ses champs d’application, jusqu’à ingurgiter les conférences de Michio Kaku par exemple.

Et puis finalement j’ai mis en pratique, j’ai beaucoup écrit pour questionner certains fonctionnement, notamment dans le domaine de la formation mais pas seulement.

Certains ont fait écho jusqu’au Maroc ou encore en Inde et m’ont donné la motivation de continuer et c’est un sujet que vous me verrez régulièrement aborder ici, pour parler de sujet de société ou de série (comme Animal Kingdom, très bon support pour parler des phases tribales, même si la série est pour un public averti).

Et ce goût pour le partage, la transmission, les débats aussi (très importants et j’ai une vision très socratienne de la chose, je pense qu’il n’y a rien de plus enrichissant que d’être démentie puisque ça m’enseigne quelque chose de nouveau et brise des croyances qui se faisaient passer pour des savoirs), c’est exactement pour cela que j’écris énormément.

En fait, avant même de parler de mes livres, qu’il s’agisse ou non de fiction, l’écriture est avant tout, pour moi, un mode de vie.

L'écriture comme art de vivre

Les prestations que je propose

Ce que je fais d'autre pour autrui

Finalement quelqu'un de très utopiste

Et très souvent, les gens prennent les utopies comme un mal dans notre société, comme un objectif, donc quelque chose d’inatteignable pour laquelle on se battrait vainement toute notre vie et qu’au meilleur des cas on effleurerait simplement du bout des doigts…

Ce n’est pas ma définition de l’utopie.
Alors pour conclure cette trop longue présentation, je vous propose tout simplement de vous laisser sur ma vision de la question.

Les utopies ne sont que des rêves que nous n’avons pas encore concrétisés.

Prenez soin de vous et merci de votre présence !

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